Jeudi 29 janvier 2009
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Le Poète- Président Léopold Sédar Senghor, aura marqué son époque tant par sa pensée politique que par son art poétique. A une époque où l'Afrique subissait encore le
parti unique et la dictature, il a osé innover avec le multipartisme et la démocratie.
Cette maturité politique que lui doit le continent noir ne saurait occulter la révolution qu'il a su opérer dans l'écriture poétique africaine. Et de fait, la première période de la littérature est caractérisée en Afrique par un académisme rigide qui imposait aux écritures une langue française exempte de tout écart grammatical. Les textes des premiers écrivains africains ne sont que des copies ou à tout le moins des imitations d'auteurs français. La pratique du manuel de français Mamadou et Bineta destiné aux cours moyens et supérieurs des écoles de l'Afrique Noire et rédigé par des pédagogues coloniaux, Davesne et Gouin, a profondément marqué les premiers écrivains.
Senghor a publié en 1948, dans son anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, ces vers du poète haitien LEON LALEAU
"Sentez-vous cette souffrance
Et ce désespoir à nul autre égal
D'apprivoiser avec des mots de France
Ce coeur qui m'est venu de SENEGAL?"
Et SENGHOR lui-même de s'écrier:
"On ne pourra plus faire parler les Nègres comme des Blancs... Il ne s'agira même plus de leur faire parler "petit nègre" mais wolof, malinké, éwondo en français."
Il y a donc chez Senghor une nette volonté de réafricaniser la littérature à travers sa langue d'expression:
" Nous sommes pour une langue française mais avec des variantes, plus exactement des enrichissements régionaux.
Aussi le français de France se trouve-t-il africanisé par le poète qui ne répugne pas à insérer des mots tirés du lexique africain wolof ou sérère...
SENGHOR aura accompagné une révolution dans la langue de la littérature africaine.
Extrait de l'article de OUMAR SANKHARE
PROFESSEUR A L'UCAD
LE FORUM DES POETES
Cette maturité politique que lui doit le continent noir ne saurait occulter la révolution qu'il a su opérer dans l'écriture poétique africaine. Et de fait, la première période de la littérature est caractérisée en Afrique par un académisme rigide qui imposait aux écritures une langue française exempte de tout écart grammatical. Les textes des premiers écrivains africains ne sont que des copies ou à tout le moins des imitations d'auteurs français. La pratique du manuel de français Mamadou et Bineta destiné aux cours moyens et supérieurs des écoles de l'Afrique Noire et rédigé par des pédagogues coloniaux, Davesne et Gouin, a profondément marqué les premiers écrivains.
Senghor a publié en 1948, dans son anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, ces vers du poète haitien LEON LALEAU
"Sentez-vous cette souffrance
Et ce désespoir à nul autre égal
D'apprivoiser avec des mots de France
Ce coeur qui m'est venu de SENEGAL?"
Et SENGHOR lui-même de s'écrier:
"On ne pourra plus faire parler les Nègres comme des Blancs... Il ne s'agira même plus de leur faire parler "petit nègre" mais wolof, malinké, éwondo en français."
Il y a donc chez Senghor une nette volonté de réafricaniser la littérature à travers sa langue d'expression:
" Nous sommes pour une langue française mais avec des variantes, plus exactement des enrichissements régionaux.
Aussi le français de France se trouve-t-il africanisé par le poète qui ne répugne pas à insérer des mots tirés du lexique africain wolof ou sérère...
SENGHOR aura accompagné une révolution dans la langue de la littérature africaine.
Extrait de l'article de OUMAR SANKHARE
PROFESSEUR A L'UCAD
LE FORUM DES POETES